L’avion a atterri à 3 heures du matin, mais elle s’en fichait. Elle avait passé les sept dernières années à compter les jours jusqu’à ce qu’elle puisse enfin le serrer dans ses bras, jusqu’à ce que les kilomètres qui les séparaient s’évaporent comme de la fumée.
Deux ans de vœux de mariage échangés en visioconférence, d’anniversaires célébrés avec des plats à emporter et des écrans partagés, d’anniversaires marqués par des étreintes retardées et des gâteaux virtuels. Et maintenant, les voilà enfin réunis.
L’accueil à l’aéroport fut un tourbillon de rires et de larmes, de mains qui se serraient comme si elles ne voulaient plus jamais se lâcher. Elle se souvenait de la première fois où ils avaient parlé de vivre ensemble, de la façon dont il avait dit qu’il ne pouvait plus attendre de se réveiller à ses côtés chaque matin. Elle l’avait cru à ce moment-là, mais la distance les avait mis à l’épreuve d’une manière qu’elle n’aurait jamais imaginée.
Il y avait eu des nuits où elle s’était endormie en pleurant, se demandant si cela en valait la peine, si leur amour était assez fort pour survivre à l’éloignement. Mais ils y étaient arrivés. Ils s’étaient choisis, encore et encore, malgré chaque défi et chaque obstacle.
Ces années d’attente lui avaient appris la patience, mais aussi la résilience. Elle avait appris à communiquer d’une manière qui allait bien au-delà des mots, à trouver de la joie dans les petits moments quand ils étaient séparés, à croire que ce n’était pas pour toujours. Et maintenant, c’était terminé. La distance était enfin comblée.
Elle revivait sans cesse le moment où ils s’étaient rencontrés, la façon dont il l’avait fait rire quand elle s’y attendait le moins, la façon dont il avait vu en elle quelque chose que personne d’autre n’avait remarqué. Elle n’était pas naïve. Elle savait que la vie ne deviendrait pas soudainement parfaite maintenant qu’ils étaient ensemble.
Mais pour la première fois depuis des années, elle avait l’impression qu’ils étaient exactement là où ils devaient être. La question qui persistait n’était pas celle de la réunion. C’était celle de la vie qu’ils étaient sur le point de construire ensemble.
Si l’amour pouvait survivre à sept ans de distance, que ne pourrait-il pas surmonter ?